Danser la vie

La déformation de l’esprit occidental a eu son apogée, durant ce siècle, avec les plus grands attentats contre la vie humaine qu’a connu l’histoire. La pathologie de l’égo a été renforcée à l’extrême comme jamais auparavant. Pour soutenir cette pathologie, il y a les institutions gouvernementales, les idéologies politiques et
éducationnelles. Même de nombreux intellectuels et penseurs de notre époque collaborent à ce vaste processus de trahison de la vie.

Notre action est donc une transgression ouverte des valeurs de la culture contemporaine, des consignes d’aliénation de la société de consommation et des idéologies
 totalitaires.

L’échec des révolutions sociales est due au fait que les personnes qui la promeuvent n’ont pas vécu en eux le processus évolutif. Les transformations sociales ne
peuvent réussir qu’à partir de la santé et non de la névrose ou du ressentiment. Si ce n’est pas le cas, les changements sociaux ne feront que substituer une
pathologie à une autre.

La Biodanza propose de restaurer chez les personnes, à un niveau massif, le lien originaire à l’espèce comme totalité biologique. Ce point de départ est indispensable pour la survie.

La Biodanza s’inspire des origines les plus primitives de la danse.
Il est important d’éclaircir que la danse, dans son sens originel, est mouvement vivenciel. De nombreuses personnes associent la danse au spectacle de « ballet ». Ceci est une vision formelle de la danse.

La danse est un mouvement profond qui surgit du plus intime de l’homme. C’est un mouvement de vie, c’est un rythme biologique, un rythme du cœur, de la respiration, une impulsion de lien à l’espèce ; c’est un mouvement d’intimité.

Je crois en une danse organique, qui réponde aux modèles de mouvement qui ont leur origine dans la vie. Nous avons cherché cette cohérence et nous l’avons
trouvée, des positions génératrices, une harmonie musicale entre les êtres vivants, une résonance profonde avec le micro et le macrocosme. Notre proposition est
d’élucider ces types de mouvement pour un véritable lien.

Ce n’est que si nos mouvement retrouvent leur sens de lien que nous arriverons à renaître du chaos obscure de notre époque.
Nous participons ainsi à une vision différente. Nous cherchons l’accès à un nouveau mode de vivre en éveillant notre sensibilité endormie.
Nous sommes trop seuls au milieu d’un chaos collectif.

Il y a une façon d’être absent avec toute notre présence. Dans l’acte de ne pas regarder, de ne pas écouter, de ne pas toucher l’autre, nous le dépouillons subtilement de son identité. Nous ne reconnaissons pas en lui une personne ; nous sommes avec lui mais nous l’ignorons. Cette disqualification, consciente ou inconsciente, a un sens terrifiant qui implique toutes les pathologies de l’Ego.

Célébrer la présence de l’autre, l’exalter dans l’enchantement essentiel de la rencontre est parfois l’unique possibilité saine.
La tendresse : qualité d’une présence qui accorde de la présence.

Ce dont nous avons besoin pour vivre, c’est d’un sentiment d’intimité, de transcendance, d’un lien joyeux et d’un bonheur stimulant. Ainsi, dans ces besoins naturels nous avons posés nos objectifs.

Nous savons que la consistance existentielle ne peut provenir d’une idéologie, mais des vivencias en action. Notre finalité est d’activer, par la danse et les exercices de communication en groupe, de profondes vivencias harmonisatrices.


Rolando Toro Araneda

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